Historique

Pour mieux nous connaître, un condensé de notre histoire.

Ce texte est largement inspiré de l’étude réalisée par Béatrice SERIGNAC (DEA histoire contemporaine) et de son article publié dans Arkheia n°11-12-13 dont il reprend plusieurs paragraphes.

Aux origines :

La Ligue de l’Enseignement est une association nationale d’éducation populaire fondée en 1866 par Jean Macé. Ce mouvement imprégné des idées des lumières, incarne un idéal républicain et prône des valeurs laïques et démocratiques.

A partir de 1878 le triomphe des républicains et la création du cercle aveyronnais.

C’est à partir de 1878, que les idées nouvelles véhiculées par Jean Macé et la Ligue de l’Enseignement triomphent en politique. Elle trouve un écho favorable dans la plupart des départements français, même chez les plus conservateurs. C’est le cas en Aveyron où une minorité ruthénoise, l’élite bourgeoise, consciente de la nécessité d’instruire le peuple, est désormais beaucoup plus réceptive aux idées républicaines. Cette tendance se confirme aux élections de 1882 et les radicaux prennent la mairie de Rodez.

Conscients de la fragilité de ce succès, ils s’organisent avec la création de cercles et de comités locaux. Un exemple des plus probants est celui de la création du Cercle aveyronnais de la Ligue de l’Enseignement le 12 janvier 1899. A sa fondation, la section aveyronnaise de la Ligue compte déjà 105 adhérents.

Le cercle naissant bénéficie de l’appui de la mairie de Rodez, où se trouve son siège social, M. Naussac, adjoint au maire de Rodez est aussi vice-président du cercle aveyronnais en 1900.

De même, les Inspecteurs d’académie acceptent d’être présidents « de droit » du cercle aveyronnais jusqu’en 1936, afin de montrer que le corps enseignant laïque et sa hiérarchie soutient aussi le Cercle aveyronnais. Le milieu protestant est aussi un solide appui, même s’il est très minoritaire en Aveyron.

De même, les francs-maçons ont toujours été un fidèle soutien de la Ligue. Le plus connu est certainement Paul Ramadier, maçon notoire et président fondateur de la fédération des œuvres laïques (FOL) en 1936.

Une tradition de conférences populaires dans un climat tendu.

Le cercle aveyronnais de la Ligue de l’Enseignement est surtout connu pour l’organisation de conférences populaires. D’autant plus qu’il reçoit parfois des conférenciers de renom. Le 28 mai 1911, par exemple, le cercle aveyronnais a accueilli à Rodez Ferdinand Buisson, directeur de l’enseignement primaire au « ministère de l’instruction publique » en 1879, ancien président de la Ligue de l’Enseignement de 1904 à 1908 et député de la Seine en 1902. Le thème de sa conférence était, Jules Ferry et l’école laïque.

Par ailleurs, le cercle aveyronnais fournit des ouvrages aux bibliothèques scolaires qu’il commande dans le catalogue publié par le cercle parisien. Grâce à ses dons, de nombreuses écoles publiques, même les plus modestes, ont pu constituer une petite bibliothèque à la disposition des enfants et des parents.

Enfin par la création des cantines scolaires à partir de 1901 dans les campagnes les plus pauvres, le Cercle aveyronnais a pour ambition de rendre l’école publique beaucoup plus accueillante.

Mais toutes ces activités se déroulent dans une atmosphère houleuse. En effet, chaque promulgation de loi laïque est l’objet en Aveyron de manifestations parfois violentes. C’est une manière pour la population de montrer à la fois son opposition au régime républicain et son soutien au clergé local.

Du CERCLE à la FEDERATION :

L’ADAPTATION aux MUTATIONS de la SOCIETE

D’une guerre à l’autre, de l’union sacrée à la résistance.

La Grande Guerre calme les hostilités des deux côtés.

Les activités ne reprennent réellement sur le plan national qu’en 1925, au plan local il faut attendre 1927. La Ligue modifie ses statuts et son organisation. Elle crée des sections par activités et devient la Confédération des Œuvres Laïques Scolaires, Postscolaires, d’Education et de Solidarité sociale. De même, elle décide avec le soutien des élus républicains et des Inspecteurs d’Académies de constituer une fédération par département. En 1926, trente-deux Fédérations sont déjà constituées. À Rodez, la constitution de la fédération est tardive elle a lieu en 1936.

Durant cette période de l’entre-deux-guerres, le cercle aveyronnais de la Ligue est assez discret. La seconde guerre mondiale arrive très vite, seul L’UFOLEP semble maintenir un minimum d’activité, mais en 1942, le Maréchal Pétain dissout le mouvement au plan national. La Fédération des Œuvres Laïques de l’Aveyron disparaît. En 1943, la Ligue rentre dans la résistance à Paris, alors qu’un bureau se reconstitue à Alger.

Dès septembre 1945 le Général De Gaulle consacre la renaissance de la Ligue de l’Enseignement au plan national, mais en Aveyron il faut attendre 1947 pour que l’Inspecteur d’académie, M. Beuleygue, prenne l’initiative de la reconstruction. M. Ramadier est élu président. Le siège social est à l’école Gally à Rodez.

Le développement des années 60 et la création des centres de vacances.

Dans les années 60, c’est à travers l’essor des centres de vacances pour enfants que rebondi l’activité avec les colonies de vacances de La Vignole près de Font-Romeu et Mechers en Charente-Maritime, qu’elle gère avec les parents d’élèves et l’association des pupilles de l’enseignement public (PEP). C’est aussi avec l’appui de l’inspection académique qui met à sa disposition ou détache auprès d’elle jusqu’à 12 enseignants répartis sur tous les territoires aveyronnais, ou encore avec l’UFOLEIS et son réseau de ciné-clubs implantés sur tout le département que la Fol acquiert une certaine notoriété auprès des aveyronnais.

En 1970 la F.O.L. va devenir en Aveyron un mouvement autonome avec un conseil d’administration représentatif des associations qu’elle fédère et où disparaissent les « membres de droit ».

Mais rapidement les moyens matériels manquent au bon fonctionnement dans un département peu favorable et où la tradition associative laïque est faible.

La F.O.L. joue alors la carte du tourisme des enfants et des jeunes pour développer en Aveyron un important secteur vacances qui va lui permettre également de relancer son appui aux écoles publiques du département à travers les classes de découverte.

Dès 1966 le centre aéré de Laurière propriété du conseil local des parents d’élèves de Villefranche de Rouergue devient le berceau de cette dynamique.

En 1968, la Fol aménage la base nautique de Pont-de-Salars afin d’y développer une activité voile.

En 1969, elle construit aux pistes du Bouyssou à Laguiole « le chalet du Rouergue », permettant aux petits aveyronnais de pratiquer des sports d’hiver.

Parallèlement à ces centres qui fonctionnent sur plusieurs saisons, la Fol met aussi en exploitation des petits centres d’été à Saint-Geniez de Bertrand vers Millau, Orlhonac à côté de Villefranche, La Remise à proximité de Capdenac et Arvieu au bord du lac de Pareloup.

Les années 70 et 80 : acteur majeur du tourisme social.

En 1970 avec l’acquisition du Royal Aubrac une nouvelle étape est franchie. La FOL devient l’un des premiers opérateurs du tourisme social en Aveyron en y organisant des séjours pour familles.

Son siège est à cette époque domicilié au N° 2 de la place des Toiles, au pied de l’église ruthénoise Saint-Amans.

Les activités traditionnelles, fédératives et de services auprès des écoles et des associations locales bénéficient de ce dynamisme, l’Usep et l’Ufolep se développent, le service culturel diversifie ses activités, il y a même un service de photo scolaires qui couvre tout le département. Simultanément se multiplie la création de nouvelles associations locales (les Foyer s de jeunes et d’éducation populaire), souvent avec l’appui des conseils locaux de la puissante fédération des parents d’élèves.

A partir des années 80 la fédération saisi l’opportunité de nouvelles aides de l’état pour la création d’emplois « d’animateurs de pays » conventionnés avec plusieurs municipalités, aujourd’hui au nombre de 12 et acquiert son nouveau siège ruthénois au 2 rue Henri Dunant.

Elle s’investit également dans la formation ; des animateurs et directeurs de centres de vacances dont elle a besoin en devenant délégataire de la gestion des stages pour l’ensemble des 8 F.O.L. de Midi-Pyrénés ; mais aussi en appui des programmes publics d’insertion en direction des jeunes demandeurs d’emploi. A la même époque elle se dote enfin d’un service d’assistance technique et de mise en réseau pour un nombre croissant de centres de loisirs.

A partir de 1986, un programme de rénovation complète du Royal-Aubrac avec création d’un parcours de golf puis d’une patinoire donnent à l’établissement une très large notoriété.

Dans la foulée, les établissements de Laurière, Pont de Salars et Laguiole sont eux aussi rénovés, et la diversification se poursuit avec la création d’un camping 4 étoiles au bord du lac de Pareloup.

Financièrement, la Fédération est alors autonome à 95%, elle compte près de 50 emplois permanents et jusqu’à 250 saisonniers. Ne bénéficiant d’aucune aide départementale directe pour ses services fédératifs auprès des associations locales elle en porte tout le poids alors que les enseignants détachés ou mis à disposition par l’éducation nationale sont peu à peu remplacé par des animateurs et cadres salariés, souvent issus du réseau associatif local ou des équipes d’animation des centres de vacances.

Cette période de bonne santé économique va cependant durer jusqu’en 2000, au moment où les mutations du tourisme social, le renforcement des concurrences et la mise en application de normes toujours plus contraignantes exigeaient de nouveaux investissements lourds et une orientation professionnelle des fonctions internes éloignée de la « culture maison » originelle.

Le camping de Pareloup puis le Royal-Aubrac vont alors être source de déboires sérieux et ils devront être abandonnés successivement en 2007 et 2008.

Poursuivre la mission originelle d’Education Populaire.

Après quelques années d’ajustements difficiles pour restaurer ses équilibres de gestion, la F.O.L. Aveyron a su préserver l’essentiel des secteurs d’activité qui sont au cœur de sa vocation fédérative. Ayant recentré son activité économique sur la production quasi-exclusive de séjours vacances pour enfants et de classes de découverte, elle reste aujourd’hui la fédération d’éducation populaire la plus importante du département avec environ 240 associations.

Dans un contexte de crise économique et sociale aggravée qui la légitime à nouveau fortement, elle entend bien poursuivre la mission de promotion et de développement de l’éducation populaire au service d’une démocratie laïque et sociale qui justifia sa création.