Education à la citoyenneté

La question de l’Education à la citoyenneté est largement transversale à toutes nos actions, néanmoins certains dispositifs et certaines de nos actions ne peuvent être classés que sous cette rubrique :

Formation des délégués élèves :

Proposer aux élèves élus représentants de leur classe, tant en collège qu’en lycée, une formation est une obligation de l’établissement, nous pensons aussi que c’est une opportunité particulièrement pertinente d’éduquer à la citoyenneté.

Par contre, rien n’oblige les établissements à faire appel à un partenaire extérieur. Pourtant, à la lueur de notre expérience quelques arguments semblent plaider pour l’intervention extérieure en général et pour la fédération de la Ligue de l’Enseignement en particulier.

Faciliter l’écoute des élèves.

Nous nous sommes aperçu que l’apport d’intervenants extérieurs, en bousculant le quotidien des élèves, permet de les rendre attentifs a priori à ce qui va se passer. En ce sens le ressort de la curiosité semble parfaitement fonctionner.

« Crédibiliser » le discours.

Faire réfléchir le délégué élève sur son rôle et préparer tous les élèves à agir en citoyens dans l’établissement revient à poser la question de l’expression des élèves : où, quand, et comment peuvent-ils s’exprimer et comment leur expression sera-t-elle entendue ?

Indirectement se pose donc la question de la part de pouvoir concédée aux élèves.

En la matière l’apport d’intervenants extérieurs est primordial. En effet, le débat peu alors s’épanouir sans être parasité par des problèmes de discipline quotidienne qui ne manqueraient pas d’apparaître dans ces questions si le travail était animé uniquement par des membres de l’équipe éducative de l’établissement.

Eviter le piège de la démagogie.

Si les problèmes de discipline ne doivent pas brider le débat sur la prise de parole et d’initiative des élèves, ils ne peuvent pour autant être évacués.

Là encore l’apport d’un intervenant extérieur permet d’aller au bout de la question sans mettre en porte à faux les membres de l’équipe éducative chargés de faire respecter la discipline en leur évitant ainsi la tentation démagogue.

De surcroît l’intervenant extérieur peut d’autant plus légitimement inciter les élèves à réfléchir à des comportements d’autodiscipline qu’il n’a, à leurs yeux, aucun enjeu quotidien en la matière.

Positionner l’intervenant comme partenaire de l’équipe éducative de l’établissement.

Ces quelques arguments en faveur d’un partenariat extérieur en matière de formation des délégués élèves ne peuvent s’entendre que si les intervenants choisis sont capables de se mettre a la disposition de l’équipe et du projet de l’établissement qui les sollicite.

A ce titre c’est le choix de la Fédération de la Ligue de l’Enseignement qui nous semble pertinent. En effet, par nature la Fédération a l’habitude des partenariats avec les établissements scolaires et une solide culture du projet. C’est du moins ce qui nous semble ressortir des quelques actions déjà mises en place.

Au final de telles expériences nous ont permis de confirmer que la question de la citoyenneté n’est pas étrangère aux préoccupations des jeunes scolarisés en collèges et lycées. Encore faut-il pour s’en persuader prendre le temps de leur en parler et le risque de les faire réfléchir sur leur propre place de citoyen au quotidien.

Contact Laurent Petit : 05 65 77 36 17 ou utilisez le formulaire de contact

Accompagnement des Conseils Municipaux d’Enfants (CME) :

Nous animons à l’échelle régionale un réseau de CME, les objectifs du réseau sont très liés à la proximité : permettre aux élus, bénévoles et professionnels accompagnant les CME de se rencontrer, échanger leur vécu et leur savoir faire pour mieux appréhender la mise en place et l’accompagnement des conseils. Permettre aux élus enfants de se rencontrer au cours d’une journée annuelle de rassemblement organisée autour de temps de travail et d’échanges et de temps plus ludiques.

Nous sommes aussi disponibles en amont des projets pour accompagner les équipes municipales dans la mise en place de leur conseil de jeunes.

Les quelques éléments qui suivent déterminent dans quel sens et avec quels objectifs le réseau, au titre de la Ligue de l’Enseignement Midi-Pyrénées, interviendra dans l’accompagnement des conseils municipaux enfants.

Les CME, un élément des politiques locales de l’enfance et de la jeunesse.

La Ligue de l’Enseignement entend promouvoir et défendre au niveau local une politique de l’enfance et la jeunesse complémentaire du temps scolaire et inspirée d’orientations claires (voir nos orientations éducatives à la page « Notre Projet »).

Son action en direction des CME s’inscrit dans ce cadre général.cme

Si le CME s’inscrit dans les orientations définies plus haut, il ne peut pas se réduire à un « gadget » valorisant les élus adultes. Outre une volonté politique affirmée, il devra, pour fonctionner, bénéficier de réels moyens (budget, salles de réunion, référents adultes disponibles…).

Principes de mise en place d’un conseil municipal enfants

En l’absence de tout cadre législatif, il est primordial selon nous que ces principes soient mis en œuvre dans l’ordre où ils sont ici présentés….

– Vérifier une nécessaire volonté politique

Un conseil municipal enfants ne peut voir le jour sur une commune que si l’équipe municipale porte réellement le projet. On ne peut pas imaginer qu’un CME se mette en place en marge d’une volonté municipale.

– Mettre en place un comité de pilotage (ou comité d’éthique…)

Ce groupe a pour objectif d’être le garant de la démarche, l’instance d’arbitrage , le lieu d’animation du CME, il devra garantir l’effective participation des élus enfants aux prises de décisions.

Il faudra se mettre d’accord sur sa composition.

Le réseau conseille qu’en soient membres :

  • Des élus adultes
  • Des enseignants
  • Des parents
  • Des élus d’associations locales
  • L’animateur bénévole ou professionnel chargé du suivi du CME.

Le rôle de chacun de ces intervenants, tant au sein du comité de pilotage que dans l’accompagnement quotidien du CME est à préciser en amont.

Quelques pistes :

Les élus adultes, pour le moins assurent la liaison avec le conseil municipal adulte, veillent au respect des orientations définies pour le CME.

Les enseignants sont les seuls à pouvoir prévoir des temps de retour vers les électeurs enfants (compte rendu dans les classes, affichage…). Ils doivent faire partie des adultes présentant au tout début la démarche aux enfants (préparation des élections).

Les parents s’engagent quant aux possibilités qu’ils donnent à leur enfant de suivre effectivement les travaux du CME.

L’animateur du CME, est chargé de l’information des enfants pour préparer les élections, des convocations aux réunions avec le Maire, de l’animation des réunions en relation avec les élus adultes, de l’accompagnement du travail des enfants dans leur mise en œuvre de projets…

Dans tous les cas, les adultes sont positionnés en accompagnement des enfants, ils ne sont pas là pour faire à leur place, mais pour les aider à faire en veillant que les projets développés restent réellement ceux des enfants.

Rédiger le règlement électoral

Il s’agit de répondre à une série de questions, à obligatoirement trancher en amont de la création pour ne pas se trouver à résoudre dans l’urgence et l’arbitraire des problèmes de dernière minute.

Les questions à trancher :

  • Combien d’élus constitueront le CME
  • Quelle sera la durée du mandat (une durée de deux ans semble un bon compromis).
  • Comment se répartiront les sièges à pourvoir, seront-ils répartis en collèges électoraux (par exemple, 16 élus répartis en 4 collèges).
  • Définir qui est électeur, qui est éligible (définir une tranche d’âge, ou les niveaux scolaires concernés, les enfants résident et/ou scolarisés sur la commune… ?).
  • Définir le mode d’élection (scrutin uninominal, majorité absolue au premier tour et relative au second par exemple…)
  • Dans le cas de scrutin uninominal (cas le plus fréquent) que se passe t’il si deux candidats obtiennent le même nombre de voix ? (on peut prévoir, par exemple que dans ce cas le plus jeune est élu…)
  • Prévoit-on l’élection d’un Maire enfant ?
  • Comment les candidats déclarent-ils leur candidature, auprès de qui, dans quels délais ? (Penser dans les bordereaux de candidature à prévoir une autorisation parentale qui peut aussi valoir engagement des parents à amener leurs enfants aux réunions…).
  • Organise t’on une campagne électorale, comment ? (Si l’on doit donner un sens à une candidature, il apparaît difficile de ne pas inciter les candidats à présenter leurs motivations et les projets qu’ils souhaiteraient développer en cas d’élection. Des lieux spécifiques d’affichage dans les écoles, dans un laps de temps définir, peuvent être l’une des solutions concrète à la campagne).
  • Définir l’organisation concrète des élections :

Où ont-elles lieu ? (pour marquer l’intérêt porté au projet les prévoir en Mairie est un premier pas symbolique important)

A quelle date (pendant ou en dehors du temps scolaire)

Qui constitue la commission électorale chargée d’arbitrer en cas de litige (elle peut par exemple avoir la même constitution que le comité de pilotage pour peu que la chose soit dite).

  • Définir, dès le règlement électoral, les principales modalités de fonctionnement du conseil :

Fréquence des réunions, publiques ou pas, en quel lieu (toujours symboliquement la Mairie est le lieu le plus adapté), en présence ou pas d’un élu adulte, du Maire ?

Des commissions seront-elles créées, un élu adulte y sera-t-il présent, à quelle fréquence se réunissent-elles ?

Ces réunions (conseil et commissions) ont lieu quand ? (Hors temps scolaire, il s’agit bien d’un engagement et si possible dans des périodes où l’attention des enfants est facilement mobilisable, le vendredi à 17 heures est par exemple, peut être à éviter…).

Quelle sera leur durée (nous avons à faire à des enfants au delà d’une heure la mobilisation est complexe).

Lorsque un CME est déjà en place on s’efforcera de faire amender et valider le règlement électoral par les élus enfants eux mêmes.

Quelques pistes sur le fonctionnement

Au delà des éléments abordés dans le règlement électoral, il faudra que le comité de pilotage et la municipalité se mettent au clair sur quelques modalités de fonctionnement :

– Mettre en place des rencontres avec les enfants (par exemple dans les classes) pour expliquer les fonctionnements , l’élection (en rappelant que l’on peut ne pas être élus lorsque l’on se présente…) et les enjeux du CME avant de lancer les appels à candidature et la campagne.

– De même, lorsque c’est possible, une rencontre avec les parents est souhaitable.

– La présence du Maire ou d’un adjoint aux réunions du conseil et d’un élu lors des travaux de commission nous semble le minimum pour témoigner aux enfants élus la réelle volonté participative des élus adultes.

– Il faudra un adulte référent, coordonnateur et animateur principal du CME. Compte tenu du réel travail que représente le suivi d’un CME, dans les communes en ayant les moyens, prévoir un animateur professionnel est la meilleure solution. En tout état de cause, un adulte référent est indispensable.

– La municipalité doit prévoir une ligne budgétaire claire attribuée au CME, tant pour son fonctionnement que pour les projets qui seront développés par les enfants. Ceci n’exclue pas qu’un projet particulier soit présenté ensuite au conseil municipal avec un financement spécifique (sur les projets liés par exemple à des aménagements communaux et pouvant entrer sur d’autres lignes budgétaires) néanmoins, sil les élus enfants doivent pouvoir décider, ils doivent pouvoir faire des choix et donc connaître les moyens dont ils disposent.

Contact Laurent Petit : 05 65 77 36 17 ou utilisez le formulaire de contact

 

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